Un intervenant arrive chez un bénéficiaire, badge le tag NFC collé dans l’entrée, et son heure de début remonte instantanément au bureau. Côté gestionnaire, le planning se met à jour, la facturation se prépare. C’est le principe de base de Domatel, la solution de télégestion mobile développée par Arche MC2 pour les structures d’aide à domicile.
On va détailler ici comment cet outil fonctionne concrètement, ce qu’il change au quotidien pour les SAAD et SSIAD, et là où il montre ses limites.
Pointage NFC et multi-modes : ce que Domatel change sur le terrain
Le fonctionnement de Domatel repose sur un geste simple pour l’intervenant. Un badge NFC passif est posé au domicile du bénéficiaire, généralement un autocollant discret. L’intervenant approche son smartphone, le pointage est enregistré avec horodatage et géolocalisation.
Ce n’est pas le seul mode de validation. Domatel propose aussi le pointage par QR code ou par validation manuelle dans l’application mobile, ce qui permet de couvrir les situations où le NFC ne fonctionne pas (téléphone ancien, problème de réseau). La structure choisit les modes autorisés selon ses contraintes.
Le résultat côté back-office : chaque intervention génère une ligne horodatée, rattachée au bon bénéficiaire et au bon intervenant, sans saisie manuelle. On passe d’un système déclaratif (fiches papier, appels téléphoniques) à une remontée automatisée.

Données en temps réel entre Domatel Mobile et le back-office
L’application Domatel Mobile ne se limite pas au pointage. Elle affiche le planning de la journée, les fiches de mission avec les consignes spécifiques à chaque bénéficiaire, et un guidage GPS vers le domicile suivant. L’intervenant sait où aller, ce qu’on attend de lui, et peut signaler un aléa directement depuis l’application.
Côté gestionnaire, un extranet web centralise toutes les données remontées. On y retrouve les heures réalisées par intervenant, les écarts entre planifié et réalisé, et les alertes (retard, absence de pointage, intervention non démarrée).
Ce que le gestionnaire voit en temps réel
- Les pointages d’entrée et de sortie de chaque intervention, avec l’heure exacte et la localisation
- Les écarts entre le planning prévu et les heures effectivement réalisées, ce qui permet de détecter rapidement un problème
- Les messages et signalements envoyés par les intervenants depuis le terrain (incident, bénéficiaire absent, changement de situation)
Cette circulation de données entre terrain et bureau permet de réagir dans la journée plutôt qu’en fin de semaine. Un intervenant qui ne pointe pas à l’heure prévue déclenche une alerte, le gestionnaire peut appeler immédiatement.
Contrôle de l’effectivité des heures APA et PCH par les départements
Domatel ne sert pas uniquement aux structures d’aide à domicile. Les départements financeurs l’utilisent aussi, via un extranet dédié, pour contrôler l’effectivité des heures financées au titre de l’APA (Allocation Personnalisée d’Autonomie) et de la PCH (Prestation de Compensation du Handicap).
Le principe : les données de pointage remontent de façon dématérialisée vers le département, qui peut vérifier que les heures facturées correspondent bien à des interventions réelles. Plusieurs dizaines de départements français utilisent déjà ce système de contrôle.
Pour les SAAD, ça signifie une facturation plus fluide. Les heures validées par télégestion sont acceptées plus rapidement par les financeurs, avec moins de litiges sur les volumes. La transmission des plans d’aide se fait aussi par voie dématérialisée, ce qui réduit les allers-retours administratifs.
Facturation automatisée et gain administratif
La chaîne est pensée de bout en bout. Le pointage terrain alimente directement le module de facturation. Les heures validées sont converties en lignes de facturation, ventilées par financeur (département, caisse de retraite, bénéficiaire lui-même). On évite la double saisie et les erreurs de report.
La facturation repose sur des données de terrain vérifiables, pas sur du déclaratif. C’est un argument de conformité pour les structures soumises à des audits ou à des contrôles de tarification.

Limites de Domatel sur la charge réelle des intervenants
Domatel trace les heures d’intervention au domicile. En revanche, il ne capte pas tout ce qui se passe entre deux interventions. Un retour d’expérience terrain publié en 2026 souligne que les temps de trajet, d’attente et les incidents ne sont pas tracés par l’outil.
Concrètement, un intervenant qui passe vingt minutes dans les transports entre deux bénéficiaires, ou qui attend devant une porte fermée, ne génère aucune donnée exploitable dans Domatel. Le gestionnaire voit bien un « trou » entre deux pointages, mais sans qualification de ce temps.
Pour analyser la charge de travail réelle, la communication directe avec le bureau reste nécessaire. Domatel ne remplace pas le management de proximité, il outille la traçabilité des prestations. Les retours varient sur ce point selon les structures : certaines complètent avec des outils de suivi des kilomètres ou des comptes-rendus vocaux.
Domatel dans l’écosystème Arche MC2 : portage de repas et au-delà
Domatel n’est pas un outil isolé. Il s’inscrit dans la suite logicielle Solis d’Arche MC2, qui couvre la gestion des services sociaux et médico-sociaux. L’application Arche Mobile, qui porte Domatel Mobile, est en cours d’enrichissement pour intégrer d’autres services.
- Le portage de repas à domicile, via le module Mobilunch, peut être géré depuis la même infrastructure
- Le bionettoyage et la traçabilité des interventions en établissement passent par le module Mobiserv
- Les données remontées par Domatel alimentent les tableaux de bord de pilotage de la structure, avec des indicateurs de qualité de service
Cette intégration permet aux structures qui utilisent déjà Solis pour la gestion des plans d’aide de connecter le suivi terrain à leur système d’information existant, sans ressaisie ni export manuel.
Pour une structure d’aide à domicile, le choix de Domatel se fait rarement seul. Il dépend de l’écosystème logiciel déjà en place, du département financeur (qui peut imposer ou recommander un système de télégestion), et de la taille de l’équipe d’intervenants. L’outil couvre bien la boucle pointage, planification, facturation. Sur l’analyse fine de la journée de travail, il faudra compléter par d’autres moyens.

